Meeting contre la repression syndicale à la Centrale de Gardanne

INTERVENTION DE STEPHAN DAINOTTI POUR L’UD CGT 13

 

Mes Camarades,

Permettez-moi de saluer toutes les luttes et tous les combats que nous menons ensemble dans le département au quotidien depuis des décennies et notamment dans le période depuis le 5 décembre.

Ici sur ce site, se mène le combat de travailleurs qui se battent pour la sauvegarde de l’emploi et des capacités de productions énergétiques essentielles pour le maintien du tissu industriel du département et les besoins des populations face à un gouvernement et un patronat qui souhaitent dérouler leur plan de désindustrialisation.

Force de proposition, les camarades portent un projet industriel alternatif. Par-là, ils sont la démonstration qu’il est possible de résister et de proposer d’autre logiques porteuses de progrès social. Situation intenable pour le patronat et le gouvernement. Partout où ça lutte, il faut museler et il faut briser. Pour cela, ils utilisent leurs sales méthodes : salir la CGT et ses dirigeants, en espérant peut être en décourager quelques-uns voire en dissuader d’autres.

 

Le dossier de La centrale de Gardanne illustre l’ensemble des enjeux industriels et des services publics de nos départements. Partout nos organisations sont porteuses de revendications pour maintenir et développer l’emploi, l’industrie, des services publiques de qualité et une Sécurité Sociale de haut niveau. 

C’est bien pour combattre ce choix de société comme nous avons pu en mettre quelques bases dans le pacte de progrès social, que le patronat et le gouvernement s’attaquent à nos camarades, comme ils le font à travers le Secrétaire Général du GPMM Pascal GALEOTE et le responsable de la coordination départementale des territoriaux Didier MANCA.

Nous avons pris l’engagement que nous ne laisserons jamais personne seul face à son patron, à la police et la justice de classe. 

Le 12 et le 16 mars, jours des convocations de nos camarades au tribunal et à chaque fois que nécessaire, nous appelons toutes les organisations  à se mobiliser largement.

Nous  déciderons ensemble des modalités d’actions et des moyens à mettre en œuvre, lors de notre AG départementale du 3 mars prochain, pour répondre à la hauteur des attaques.

 

Dans notre département, arrestations, gardes à vue, convocations aux commissariats pour de nombreux militants et responsables syndicaux se multiplient. La BAC, Brigade Anti Criminalité qui interpelle et arrête nos dirigeants. L’utilisation de la BAC n’est pas anodine mais renvoie expressément et volontairement l’action syndicale à une activité criminelle.

En mai dernier, un député de la majorité gouvernementale, qui a aujourd’hui sa propre chanson, a osé demander la dissolution de l’Union Départementale CGT et porter plainte contre notre Secrétaire Général de l’UD. 

Un peu avant, des camarades dont un secrétaire de l’UD, se font charger par les CRS et passer à tabac sans raison lors d’une manifestation contre le bastion social à Marseille. Un autre secrétaire de l’UD et le secrétaire général du Comité Chômeurs arrêtés et en garde à vue pour un simple tractage.

 

Violences policières lors des manifestations, présence et utilisation des gardes mobiles sur les piquets de grèves, cargaisons de CRS envoyés contre nos enfants dans les lycées et les Fac : mêmes méthodes pour venir au secours du patronat et des employeurs publics, qui utilisent aussi tous les moyens de répressions : sanctions disciplinaires, licenciements, mises à pied, entretiens préalables et discriminations au quotidien. 

Et Comme si cela ne leur suffisait pas, le président leur a pondu la loi Travail et les ordonnances Macron !

 

Mes camarades, qu’on se le dise ! Face à eux, face à leur projet, la CGT ne restera pas l’arme au pied ; bien au contraire ! Et ça, le camp d’en face l’a bien réalisé et l’a bien mesuré.

Macron et son gouvernement, à la botte de la finance internationale, sont prêts à tout pour casser la lutte et nos conquis sociaux. Ils veulent nous priver de nos moyens d’expression, de nos moyens d’action en remettant en cause nos libertés syndicales. Bien conscients que les libertés syndicales sont essentielles pour de nouvelles conquêtes sociales, ils n’ont de cesse de les attaquer que ce soit dans les entreprises comme dans les manifestations.

Mais nous sommes tous conscients ici, que Tous nos Acquis, Tous nos Conquis sont issus de nombreuses luttes. Aucun de nos droits n’a été donné mais chacun a été arraché grâce à de forts mouvements et souvent au prix du sang de nos ainés. Aujourd’hui, tous ces droits, toutes ces libertés, sont menacés. 

 

Restant dans les mêmes logiques de politiques d’austérité et voulant faire adopter à toute force ses « réformes » néolibérales, du démantèlement du droit du travail à la dégradation de l’assurance-chômage, de la casse des services publics et de notre Sécurité Sociale solidaire, il se heurte à une accumulation de contestations amplifiant une mobilisation qui touche tous les secteurs et toutes les générations.

Macron et son gouvernement portent un nouveau modèle social où les hommes seront les consommables du capital. Nous le savons, la réforme des retraites à points n’est pas une énième réforme économique du système mais bel et bien une reforme systémique, une reforme sociétale. Par là, ils souhaitent briser les derniers piliers de la Sécurité Sociale et en finir avec notre système de protection collective solidaire universel d’égalité.

 

Depuis le 5 décembre, la lutte contre la réforme des retraites à points du gouvernement Macron est une lutte inédite par la durée, par la diversité des modes d’actions, par l’ampleur des mobilisations interprofessionnelles et l’implication de nombreux secteurs en grève sous diverses formes. Encore aujourd’hui, le soutien de la population au mouvement reste massif tout comme l’opposition à la réforme.

La CGT porte un autre projet, celui d’une société solidaire. Nous pensons que notre système actuel peut être amélioré par une autre répartition des richesses, pour mieux correspondre aux réalités de notre temps. Les inégalités dont sont principalement victimes les femmes et les jeunes durant leur vie active doivent être abolies. Ainsi, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes est une urgence absolue. Elle permettrait de réduire les écarts de pension. Il est également urgent de prendre en compte les années d’études. 

Bien qu’affaibli, notre système actuel qui depuis sa création a subi les attaques incessantes par les différents gouvernements demeure le meilleur. Le meilleur système au monde ! Le meilleur système car il est encore majoritairement financé par les richesses issues du fruit de NOTRE travail. Cet argent c’est 35 milliards de fonds de réserve qui échappe au capital et c’est bien cela qui est insupportable pour le patronat. Et c’est sur CE PACTOLE qu’il souhaiterait enfin mettre la main.

 

En effet, l’objectif de Macron et du patronat est bien d’en finir avec notre système actuel de retraite par répartition à prestations définies et donc d’en finir avec notre Sécurité Sociale, en bref, en finir avec notre modèle social.

Le système actuel se finance par les cotisations qui sont partie intégrante de notre salaire (salaire socialisé) qui permettent de financer à leur tour la couverture des aléas de la vie (maladie, allocations familiales, retraite…), en fonction des besoins de chacun. Cette solidarité qu’Ambroise Croizat alors ministre du travail avait défini par « CHACUN COTISE SELON SES MOYENS ET REÇOIT SELON SES BESOINS », cette notion de solidarité est bannie dans le système porté par le gouvernement et le patronat et les cotisations menacées à très court terme.

 

A l’inverse du gouvernement qui fait mine de peiner à trouver des ressources pour financer ces solidarités, la CGT propose d’augmenter les salaires pour une plus grande rentrée de cotisations sociales, revenir sur les exonérations de cotisations patronales et taxer les produits financiers.

Parce que De l’argent, il y en a !

Nous n’accepterons plus d’entendre les discours du gouvernement qui nous demande de faire des efforts pour redresser le pays. Les finances des entreprises se portent bien !

Les grands groupes du CAC 40 ont versé 60,2 milliards d’€ à leurs actionnaires en 2019, soit 12,3 % de plus qu’en 2018. Un record qui place la France sur la plus haute marche du podium en Europe.

Des efforts pour les uns et des cadeaux pour les autres : les exonérations de cotisations patronales se sont élevées à 90 milliardsselon la Cour des Comptes. Entre 2013 et 2019, cela a représenté 26 milliards du fait de la mise en œuvre du « pacte de responsabilité » …  À elle seule, la transformation du CICE en baisse de cotisations a représenté 18 milliards d’€.

Le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités révèle que les milliardaires français ne se sont jamais aussi bien portés. Ils sont 41 en France et leur fortune a augmenté de 34,8 % depuis le 31 décembre 2018, plus que partout ailleurs dans le monde. Leur richesse cumulée s’élève à 329,9 milliards de dollars. Et c’est bien pour préserver ces privilèges et cette opulence qu’ils nous attaquent.

Dans le même temps, 400 000 personnes supplémentaires en France ont basculé sous le seuil de pauvreté. La France compte désormais 9,8 millions de pauvres.

 

Les moyens existent. La bataille des idées est remportée. Il nous reste à aller arracher la victoire et c’est par la grève que nous y arriverons.

 

C’est pourquoi L’AG des syndicats CGT des Bouches du Rhône du 3 mars revêt une importance primordiale. En effet elle aura pour but de tirer l’analyse de la première partie du mouvement et d’impulser la préparation du 31 mars et de ses suites pour aller jusqu’à la gagne.

A cette occasion nous réfléchirons également sur la meilleure stratégie pour faire plier le gouvernement. Conscients que la meilleure préparation du 31 mars sera de réussir les journées de mobilisations déjà pointées dans le calendrier :

 

  • Jeudi 5 mars : journée nationale de grève et manifestation contre la réforme des retraites avec une expression spécifique sur « Les Femmes, grandes perdantes de la réforme ». RDV 10H30 Porte d’Aix à Marseille.

 

  • Dimanche 8 mars : manifestation 14 H – RDV Vieux Port à Marseille dans le cadre de la journée internationale de lutte pour le droit des femmes, pour l’égalité professionnelle, contre toutes les discriminations.

 

Mes camarades !

Pour nous, pour nos ainés, pour nos enfants on se doit de ne rien lâcher.

On se doit de gagner.

Donc, continuons à mobiliser et allons chercher ceux qui manquent encore à l’appel. Partout, dans toutes les entreprises, dans tous les services, gagnons des grévistes, gagnons des arrêts de travail. 

Continuons à amplifier et élargir le mouvement.

Camarades nous allons gagner ! 

Vive les travailleurs en lutte !

Vive l’unité des travailleurs !

Vive l’unité de ceux qui luttent !

 

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