8 Mars 2022

Ce 8 mars se tient dans une période bien particulière. Il est en effet impossible de ne pas avoir sa raison, son esprit, tournés vers la guerre, vers les guerres, qui font rage à nos frontières ou plus loin. Impossible de ne pas penser à ces familles jetées sur les routes de l’exil, à ses femmes qui voient mourir leurs enfants, partir leurs pères, leurs maris, leurs fils. Les voir arracher à la vie pour des intérêts impérialistes, des luttes d’affrontement et de blocs, qui n’ont jamais eu pour but l’émancipation des peuples et leur bonheur. Impossible aussi de ne pas avoir à notre esprit nos sœurs du monde entier, qui payent de leur vie, de leurs corps quand les viols de guerre deviennent aussi un des éléments de la guerre.
Ce 8 mars résonne donc de sa force historique du 8 mars 1917, date qui aura marqué symboliquement le premier jour de la révolution russe (même si on sait qu’une révolution ne part pas en un jour et quelle est le long produit des révoltes, organisations, que celles de 17 suit celle de 1905). Mais les symboles restent comme des repères de communion populaire. Les femmes se sont levées, elles ont crié la faim, la misère, le besoin de retour à la paix. Elles se sont organisées et ont appelé les ouvrières et les ouvriers à cesser le travail et entrer en mouvement. Elles ont fait l’Histoire, refusant de la subir ou d’être traitées comme des invisibles, refusant d’être des victimes.
Ce 8 mars résonne aussi de sa force libératrice. Non les dominé.e.s, les exploité.e.s, ne sont pas condamnées à subir. Non, nous ne sommes pas des victimes. Nous sommes celles et ceux qui se lèvent, qui dénoncent les inégalités, qui portent un projet émancipateur et s’organisent pour que cessent les inégalités et triomphent les libertés. Nous n’avons jamais baissé la tête, nous ne baissons pas les yeux car nous ne sommes pas dans un état de soumission. Ni au capitalisme. Ni au patriarcat.
Car le 8 mars n’est pas une journée de commémoration posée comme ça au milieu d’un calendrier qu’il faudrait faire comme une tradition. Un petit moment plan plan, inscrit dans un calendrier et qui revient tous les ans.
C’est un moment d’éclairage mais les inégalités perdurent après le 8 mars et le combat est permanent.
C’est une journée de lutte. De lutte internationale. Où les travailleuses et travailleurs du monde entier, sur une journée font valoir les mêmes revendications partout et s’organisent. Chacune avec les spécificités de son pays mais toutes pour l’égalité et la mise en lumière de la double exploitation liée à sa classe et à son genre.
Le 8 mars c’est une journée où l’émancipation est au cœur, où ensemble nous revendiquons et portons une autre vision du monde où les êtres humains ne sont pas triés, ni selon leurs classes sociales, les uns possédant tout et les autres relégués à survivre, ni selon leur genre, où parce qu’elles sont femmes, la moitié de l’Humanité effectuent 66% du travail mondial, et ne touchent que 10% des revenus.
La CGT 13, parce qu’elle regroupe les travailleuses et les travailleurs de tous les champs professionnels, de toutes catégories, parce qu’elle fédère de la cadre à la privée d’emploi, du travailleur sous statut au plus précaire, n’oublie aucun aspect de la lutte.
La CGT 13 parce qu’elle fait sienne la double besogne, c’est-à-dire la réponse immédiate aux besoins des travailleuses et travailleurs et dans le même temps le changement radical de société libérée des mécanismes d’exploitation et de propriété s’inscrit dans l’histoire longue de l’émancipation des masses.
Rien n’est négligé : de l’importance de l’égalité professionnelle pour qu’à travail égal s’applique un salaire égal ; pour qu’à diplôme égal s’applique un travail égal ; pour que la précarisation cesse d’être l’outil du patronat pour maintenir les salariés dans un rapport de domination fort.
Mais aussi de l’importance de combattre l’hégémonie culturelle où les femmes sont toujours montrées comme plus faibles, comme ayant une appétence naturelle pour les choses domestiques, les cantonnant à certains métiers et à leurs foyers.
Désignées comme inférieures, elles sont, nous sommes, donc montrées du doigt comme pouvant être raillées, insultées, méprisées, violentées, violées. Leur corps, nos corps, sont l’objet du rapport consumériste poussé à l’extrême, que l’on peut posséder, acheter, dont on peut disposer.
Le 8 mars, nous rappelons qu’être féministe ce n’est pas ouvrir une division supplémentaire dans l’Humanité. C’est au contraire, porter des revendications d’égalité qui émancipent tous les êtres humains. Traiter les femmes en égale, laisser les femmes trouver leurs voies d’émancipation c’est entraîner toute la société vers le progrès et vers la paix.
Pour conclure, quelques mots de Emma Goldman, figure, entre autres, du féminisme mondial : « le bonheur des femmes libres ne sera réel que s’il est partagé avec des hommes libres, avec lesquels il sera juste de combattre, doux d’aimer et réjouissant de travailler, de créer, d’avoir ou non des enfants, selon les désirs de chacun et de chacune. »

La vidéo de la prise de parole :

 

 

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